OKA 300 ANS D’HISTOIRE

 

                                   Notre région : des siècles d’histoire!

                           Mission du lac des Deux-Montagnes – (Oka)

 

Concédé en 1717 par le Roi Louis XV aux Sulpiciens. Raisons principales :

  • Éloigner les Amérindiens de l’influence néfaste des Habitants (ou Canadiens) (relation difficile, alcool)
  • Évangélisation des Amérindiens
  • Traite des fourrures
  • Avant-poste de protection de l’ile de Montréal (garnison et poste de garde)

Mission du Lac des Deux-Montagnes 1721

Acte de Seigneurie (École-couvent, église, etc. pré-requis et maintenant construits)

Premier village est localisé plus à l’est de 1.5 km du village actuel, près de la rivière aux Serpents.

Village relocalisé en 1730 dû aux inondations printanières importantes.

Jusque vers 1740, mis à part quelques commerçants pour la traite des fourrures et l’avant-poste de garde, il n’y a pas d’habitants résidents dans la seigneurie. Sauf une exception accordée par les Sulpiciens, les premiers habitants à s’établir sur une terre : Josiah Rising (Raizenne) et Abigail Nims 1721.

Les Indiens qui y habitent :

  • Amérindiens de langue iroquoienne et algonquine
  • Iroquois (et Hurons)
  • Algonquins (et Nippissingues [marginal])
  • Et plusieurs autres en quantité marginale

La principale activité économique est la traite des fourrures. L’agriculture est marginale et surtout l’affaire des Iroquois. Les Algonquins vivent surtout de la chasse et de la pêche.

Début des années 1730, on construit un fort. Tous habitent dans l’enceinte de la palissade.

Le peuplement du village d’Oka par les blancs ne commença que vers les années 1860.

En 1875, on comptait déjà suffisamment de résidants pour ériger l’ancienne mission en la municipalité de l’Annonciation d’Oka.

Ayant des relations difficiles avec les Iroquois, les Algonquins demandent à être relocalisés ailleurs. Ils seront déménagés à Maniwaki, QC et à Gibson (conté Muskoka, Baie Georgienne) en Ontario. (ca 1861).

Grand nombre d’Amérindiens sont installés sur le territoire fédéral d’Oka (Kanesetake), hors du village.

La Mission du Lac des Deux-Montagnes prend le nom d’Oka en 1867.

La construction du quai d’Oka (ca 1860) permettra l’expansion du commerce, la venue des pèlerins en très grand nombre par bateau vapeur pour la Fêtes du Calvaire, le transport du courrier.

Plus de 1200 terres seront concédées par les Sulpiciens (Oka, St-Benoît, St-Joseph, Rivière Duchesne, Mirabel, St-Scolastique…)

En plus d’être une région agricole reconnue pour sa production maraîchère et fruitière, Oka est devenu une importante zone récréotouristique. Nombreux sont les touristes pour visiter le monastère des Pères Trappistes, la Montagne du Calvaire, le Parc National d’Oka, pour des activités aquatiques et des activités agricoles.

En 2013, la population totale d’Oka s’élevait à 5 478 habitants, ce qui inclut la communauté autochtone.

Avec ses paysages bucoliques, son côté champêtre et son riche patrimoine bâti, la Municipalité d’Oka est un lieu de choix pour les tournages cinématographiques et offre de nombreuses possibilités.

 

L’église Annonciation d’Oka

 

L’église actuelle est la deuxième construite à Oka. À la suite de l’incendie (1877), son emplacement fut légèrement modifié de quelques mètres en direction nord-ouest. Les travaux de reconstructions débutèrent en 1879.

L’église l’Annonciation d’Oka renferme de nombreuses œuvres d’art de grande valeur historique et patrimoniale. Certaines de ses œuvres sont en restauration à Québec.

Les murs de l’église actuelle sont ornés de toiles, d’une fresque et de décorations réalisées par différents artistes. Certaines peintures sont signées, Nicolas Lefebvre, Jean-Charles Frontier, Arthur Guindon, Sœur Jérôme de la croix, s.n. j.m., mais beaucoup sont anonymes.

La dernière acquisition notable d’art religieux de la paroisse, est une sculpture de Jacques Bourgault représentant Kateri Tekakwitha (1991). Elle est la toute première autochtone d’Amérique du Nord à être canonisée, lors d’une cérémonie qui s’est déroulée le 21 octobre 2012 et présidée à Rome par le pape Benoît XVI.

La décoration intérieure, réalisée en 1932, est l’œuvre de Guido Nincheri, un artiste florentin, établi à Montréal.

Les vitraux, installés en 1884, proviennent de la maison Raymond Beullac à Montréal qui les a importés de France.

On y trouve aussi les sept peintures (sept bas-reliefs) de François Guernon dit Belleville, qui ornèrent les chapelles du calvaire de 1742 à 1775. En 1775 elles prirent place dans la petite église de pierres dans un but de préservation.

En ce qui a trait à l’architecture, elle rappelle l’architecture religieuse française du XIIIe siècle.

Aujourd’hui, son clocher renferme trois cloches Chanteloup fabriquées à Montréal. La première église n’en avait que deux.

L’orgue est de fabrication Casavant.

Le presbytère d’Oka, en plus d’être la résidence des prêtres de la paroisse, est depuis longtemps la maison de campagne des Sulpiciens.

La mairie actuelle fut le lieu de résidence des sœurs de la congrégation Notre-Dame, d’une école des filles et d’une école des garçons. La journée, les sœurs faisaient l’instruction et l’éducation des jeunes filles et le soir elles dormaient dans leurs classes. Plus tard elle devint l’école des garçons. En mars 1975, la municipalité d’Oka entreprit des démarches auprès de la commission scolaire afin d’acquérir ce bâtiment pour en faire ses locaux. La vente se conclura en 1981. L’intérieur du bâtiment fut restauré en 1999 afin d’accueillir la fusion de la Paroisse d’Oka et du Village d’Oka. Les rénovations ont été faites avec un grand respect stylistique et historique.

Le Calvaire

 

Un site patrimonial exceptionnel.

Le Calvaire d’Oka est classé site historique en 1982 en raison de son intérêt comme témoin de l’évangélisation des Amérindiens aux XVIIe et XVIIIe siècles et de son caractère unique.

Les montagnes entourant Oka font partie des plus vieilles montagnes du globe (époque cambrienne) mais dans le secteur de l’abbaye (1 milliard 500 millions d’années).

Les jeunes montagnes, 250 millions d’années, font partie des Montérégiennes (même formation que St-Bruno, Ste-Julie, St-Hilaire, Mont-Royal…) et culminent à 250 m environ.

Le sentier et site du Calvaire sont érigés en 1742-1743 pour servir à l’évangélisation des Amérindiens et devient plus tard un lieu de pèlerinage grand public.

4 oratoires et 3 chapelles regroupées tous de construction romane (unique en Amérique de Nord) sont érigées sur le parcours. Elles sont un legs de l’époque de la Nouvelle-France.

Oka s’impose comme le lieu de pèlerinage le plus populaire de la grande région de Montréal (surtout pour la Fête du Calvaire, mi-septembre).

Certaines années on compte plus de 30,000 pèlerins qui débarquent à Oka.

Très populaire jusqu’à la fin des années 50.

La station des « Trois Chapelles » en haut de la montagne donne une vue prenante sur les Montérégiennes et jusqu’aux Adirondacks. Quant à elles, les « Trois Chapelles » sont visibles à des miles de distance.

 

Parc d’Oka

Créé vers 1964 pour des places de campements (tentes, roulottes, 2500+ places) pour les visiteurs à l’Expo » 67. Ce parc portera le nom de Parc Paul Sauvé.

Renommé Parc d’Oka

Renommé Parc National d’Oka et maintenant intégré aux parcs sous gestion de la SEPAQ.

L’emplacement du parc était un terrain privé appartenant au chemin de fer CP. On voulait créer Oka sur la Lac. Aujourd’hui, le Parc bénéficie des infrastructures mises en place par le CP (le réseau routier pavé, conduite d’eau, etc.) Le trajet du rail se rendait jusqu’à Pointe-Calumet où une gare devait être construite. Oka sur le Lac ne verra jamais le jour.

Les attraits du parc :

  • Camping
  • Le Calvaire
  • Ouvert à l’année pour des activités variées de saison (ex. marche, raquettes, ski de fond, baignade, observations de la faune et de la flore, etc.)
  • La faune
  • La flore (quelques arbres sont uniques et possiblement introduits par les Trappistes)
  • Et l’attrait principal : les plages

Le Calvaire d’Oka a intégré au Parc national d’Oka et est considéré lieu historique.

Aujourd’hui le parc a une superficie de 27 km2. Le parc comprend entre autres la montagne du Calvaire, les plages et marais situés au nord du lac des Deux Montagnes ainsi que plusieurs sentiers de randonnée pédestre, de vélo de montagne, et de raquette.

La section « Oka sur le Lac » avant de devenir parc fut pendant plusieurs années un terrain privé de chasse à cours.

Le parc sera annexé à la municipalité d’Oka en vers 1951.

Dans les années 1950 surtout, on « extrait » beaucoup de sable du lac pour la fabrication du ciment.

Quant au lac de la Sauvagine, le sable extrait a servi à la construction de l’Institut Agricole et les monastères.

Le site fut aussi un campement d’été des Amérindiens.

 

L’arrivée des Trappistes 1881

 

La région a été profondément marquée par la fondation de l’abbaye cistercienne en 1881. Ces religieux ont contribué significativement à l’évolution économique régionale en encourageant l’agriculture, le commerce et la formation. Aussi furent de précieux collaborateurs dans l’évolution de la médecine vétérinaire. Ils vont aussi obtenir par sélection naturelle la célèbre poule « Chanteclair » et mettre en marché le fameux fromage d’Oka, un « Port du salut ». La vente de la fromagerie va permettre l’implantation dans la région d’une grande entreprise comme Agropur (1974).

La ferme compte plusieurs bâtiments spécialisés (étables, porcherie, écuries, sellerie, boutique de charronnage, menuiserie, forge, scierie, moulin à farine, boulangerie, beurrerie, fromagerie, ruchers, fruiterie, confiserie,  …).

Activités principales : agriculture et la contemplation.

À l’apogée on compte près de 200 moines.

Les installations (bâtiments, monastère,) ont connu plusieurs incendies majeurs (ex. 1902, 1916).

Le monastère actuel est le quatrième (le premier est l’actuelle école secondaire, sur le site actuel de l’abbaye, 3 monastères furent construits dont 2 furent détruits par un incendie.

Dans les années 1960, l’école et les activités agricoles sont transférées à St-Hyacinthe et l’école vétérinaire à La Pocatière.

Départ des moines vers le nouveau monastère à St-Jean-de-Matha en 2009 (Val Notre-Dame).

Les innovations technologiques et les réalisations en production animale et végétale se comptent par dizaines. L’héritage pour n’en nommer quelques-uns:

  • Première faculté agronomie.  Ils fondent l’Institut Agricole d’Oka qui deviendra la Faculté d’agronomie affiliée à l’Université de Montréal. Ce bâtiment abrite maintenant l’École secondaire d’Oka.
  • Les premiers diplômés universitaires en agriculture en 1911
  • Fromage d’Oka
  • Pomiculture (Pommes d’Oka et produits de la pomme)
  • Fruits et conserverie
  • Boulangerie
  • Clapier et élevage du lapin
  • Chevaux belges
  • Bacon et jambon d’Oka (porcherie)
  • Vaches (production laitière et concours)
  • Yogourt d’Oka (docteur Rosell)
  • Melon d’Oka (Père Athanase et du Frère Louis)
  • Élevage du faisan (faisanderie)
  • Ruchers et miel d’Oka (Père Maur (Ernest Méthot), la ruche de Bellefontaine devient La Paysanne, une innovation qui s’impose en apiculture au Québec).
  • La poule pondeuse Chantecler (qui résiste à notre climat et peut circuler à l’extérieur en toute saison). (Frère Wilfrid )
  • Confiserie et pâtisserie
  • Chimie des sols et fertilisations, techniques de drainage et de rotation des cultures
  • Contrôle des insectes nuisibles, traitements préventifs contre les maladies,
  • Évaluation de la machinerie
  • Mécanisation des opérations
  • Crédit Agricole
  • Associations de producteurs et coopératives de mise en marché
  • L’industrie horticole au Québec trouve aussi ces racines à Oka (entre autres la production du glaïeul)
  • Et la liste continue…

 

La pinède d’Oka

Pourquoi?

  • Le village sied au pied de la montagne. La montagne se compose d’une couche de sable d’environ 90 pieds de profondeur assise sur un fond d’argile.
  • Coupes de bois à blanc, suivi du pacage et broutage qui firent disparaitre le couvert du sol exposant le sable.
  • La nappe phréatique n’est qu’à 3 pieds de la surface et beaucoup de sources d’eau près de la surface rendent le terrain très sensible aux mouvements de sol.
  • La montagne étant maintenant sans couvert végétal, on veut donc retenir le sable de la ‘dune’, éliminer les ravinements et prévenir les éboulis qui sont fréquents dus aux pluies saisonnières, aux crues des eaux le printemps et les pluies d’automne qui graduellement ensevelissent le village. (Ex. 1886 une crevasse de 100 pieds de large, 40 pieds de profondeur et 600 pieds de long, le sable liquéfié se déverse dans le village).

        Quelques données et paramètres sur la plantation :

  • Première tentative de reboisement à grande échelle au Québec, et probablement la deuxième au Canada. La première serait en Ontario.
  • La pinède a une superficie approximative de 175 arpents incluant le terrain de golf (approximativement 40 arpents).
  • La dune de sable offre un sol propice aux pins qui sont préférés parce qu’ils poussent bien dans ce type d’environnement.
  • À la cueillette des arbres, leur orientation est notée afin que ces derniers soient replantés dans la même orientation d’origine. Le pin, l’arbre « sauveur » (dixit curé Lefebvre). Le curé Daniel Lefebvre pss avait pu constater par les plantations en 1876, que le pin et le sapin poussaient facilement dans le sable de la colline et que ces sables n’étaient pas stériles comme le sable de grève.
  • Le choix des arbres, pins, sapins et épinettes, est dicté par les sols (sable).
  • Les étapes du reboisement principal se fait dans années 1886, 1887 et 1888. En trois automnes, on avait récolté et planté plus de 65,000 arbres dont plus de 55,000 avaient pris racine. On plantait encore quelques milliers d’arbres en 1897 et 1898.
  • Originalement, les pins sont plantés en rangée (à la française) à trois (3) pieds (1 mètre) de distance pour obtenir des rangs serrés et augmenter les chances de survie des pins. Une fois les pins bien démarrés, un émondage est prévu. Les pins seront éclaircis pour maintenir une distance d’une quinzaine de pieds (5 mètres) entre chaque arbre.
  • En 1887 on plante 40,000 arbres au coût de 2.5 cents l’unité.
  • La plantation se sera étalée sur une période de plus de 20 ans de 1876 à 1898. Près de 100,000 arbres plantés au cours des années.
  • Problème de glissement et d’ensablement résolu vers 1920.
  • N’en restent que 18,000 arbres aujourd’hui (entretien, émondage, mort naturelle) (dernier recensement 1945).
  • Fut un modèle adopté par le gouvernement du Québec pour résoudre des problèmes de glissement de terrain similaire à Lachute, St-Jérôme et autres localités.
  • Aujourd’hui, Oka s’enorgueillit de la beauté de cette forêt.

 

texte préparé par Réal Raymond ,mai 2016.